La lettre de Paul Florent
Nouvelle en ligne
Le temps totalitaire

Assis dans un coin du sous-sol, un vieux biscuit en main, je ressens à quel point aujourd’hui est un hier de demain. Cette formule vous paraît nébuleuse ? Ampoulée ? Peu importe. Et peu importe qu’au terme de la lecture elle vous parle ou non. Ce que j’ambitionne surtout au travers de ce récit, c’est partager avec vous les émotions qui m’habitent depuis ce matin. Depuis le décès de Solange ; depuis le décès de ma tendre grand-mère Solange.

Lorsque la nouvelle m’est arrivée, en cette claire matinée de novembre, ma première réaction fut de fermer les yeux. Peut-être tout simplement pour ne pas avoir à affronter le regard des autres. Peut-être juste par pudeur.

Puis j’ai levé de nouveau les paupières sur le monde. Et si je parle clarté, c’est justement parce que la chatoyante lumière de ce soleil bas me rappelait déjà la voix de Solange.

« Paul, m’avait-elle demandée lors d’une balade estivale sur les berges tranquilles de L’Indre, cela ne t’étonne-t-il pas qu’on ne puisse jamais regarder le soleil en face ?

–  Encore une de tes énigmes Mamie ?

– Pas précisément, Paul. Contente-toi de ressentir les éléments qui nous entourent. »

Nous communiâmes avec d’altiers peupliers qui se dandinaient aux vents. Puis j’improvisai quelque répartie pour ne pas la décevoir : « Qu’est que tu trouves étrange, Mamie ? Que cet astre qui nous apporte la lumière, on ne puisse justement pas admirer sa candeur les yeux dans les yeux ? » Elle éclata d’un rire de grand-mère – davantage qu’un esclaffement, c’était une toux bien grasse ! « Paul, avait-elle reprit gravement, si le soleil ne peut se regarder directement, lui que l’on entend jamais non plus chanter ni raconter quoique ce soit, c’est parce qu’il n’est ni fait pour être vu, ni fait pour être entendu. Il est juste fait pour être respiré. Exactement Paul, le soleil se respire ! »

Allons donc, le soleil se respire ! Ce matin, je respirais une large bouffée de soleil les larmes encore vivaces. En me revenant, cette errance aux relents amers chuchotait que, derrière chaque chose où derrière chaque personne de cette formidable aventure qu’est la vie, se trouve un minuscule univers où dépenser sa journée entière en questionnements et en contemplations.

J’ai respiré, respiré encore et encore, puis me suis dirigé gentiment vers la maison désormais orpheline de ma grand-mère.

La première des taches qu’on m’attribua fut assez singulière. Mon cousin et moi devions étaler sur une table le contenu de l’armoire à pharmacie. D’un côté nous faisions un tas de boites de médicaments, de l’autre une pile d’ordonnances. Car une des particularités de grand-mère était de ne jamais se faire rembourser ses prescriptions médicales.

Selon notre tante, il s’agissait là d’un fait de générosité, Solange l’ayant maintes fois proclamée en public : « Moi, je peux assumer mes dépenses de santé, alors ne pas me faire rembourser est une façon de participer au comblement du trou de la sécu ! »

Cependant je dois avouer ma propension à penser différemment. Non pas que je ne rende pas hommage à ce geste charitable, mais partageant ma vie avec une psychanalyste, j’analyse autrement la maniaquerie de ma grand-mère.

De mon point de vue, deux autres raisons la motivaient. D’abord, Solange redoutait terriblement la maladie. De ce fait, ne pas se faire rembourser constituait une sorte de pacte avec les forces de l’esprit (en lesquelles elle ne croyait pas). Ainsi se sentait-elle protégée par une pensée magique du style : « Tant que je paye mes soins je reste en vie ».

Ensuite, il ne faut pas oublier la condition originelle de mes grands-parents. Un cheminot et une institutrice, en ce début de vingtième siècle, riches de quatre enfants, n’étaient pas habitués à demander quelque chose à la société. On reste timidement dans son coin, on veille aux lanternes, une tierce ou un carré de valet entre les mains, puis on se couche la faim au ventre, mais on ne demande rien. Surtout pas ! D’ailleurs rares sont les pauvres gens, dans l’histoire des peuples, à s’être extirpé par eux-mêmes de la misère. Pour l’exemple, ce sont bien les lettrés de la Nouvelle Angleterre qui ont libéré les esclaves en Amérique du Nord, et la République Française ne fut pas levée par les paysans.

Je n’arrêtai d’y songer en collant les vignettes sur les ordonnances. Nous fîmes les comptes : il y en avait pour plus de cinq mille francs – et je jure qu’à des broutilles près, c’est l’entière vérité ! Alors nous dûmes supporter, de la part des enfants accablés par le chagrin, de nouvelles louanges devant tant d’économies pour les plus indigents, et je ne pus tenir bien longtemps avant de m’éclipser.

Me voici donc parti dans la chambre de Solange – remarquons à quel point la chambre de l’Autre est un éternel mystère, et je ne sais expliquer pourquoi elle nous attire tant !

Inerte, les yeux encore humides, je commençai par ne rien faire. Ne rien faire du tout est une tentation à laquelle ma grand-mère m’invitait parfois allègrement. Au loin, les coups de fils se multipliaient, et mon père sanglotait en prévenant telle grand-tante, telle connaissance. Aussi continuais-je à ne rien faire un long moment, assuré que personne ne viendrait troubler mon recueillement.

C’était ahurissant ! Il y a quelques heures, à peine, elle se trouvait là, allongée sur ce lit. Mon grand-père l’avait transportée depuis les WC où l’arrêt cardiaque c’était produit. Puis le médecin avait hésité avant de trancher sur les raisons du décès, car les résultats d’une fibroscopie pulmonaire pratiquée la semaine passée disaient autre chose. A quoi bon ! La mort, c’est la mort ! Tout est terminé pour elle, maintenant. Et ce constat est effroyable !

Dans un tiroir bien fatigué se reposaient des lettres. Trop indiscret de les lire, même si nombre d’entre elles étaient des correspondances avec des chroniqueurs de tabloïdes politiques. Tout cela était connu, Solange exhibant ses échanges enflammés lors des hebdomadaires repas de famille, au moment où les hommes se levaient poing dressé pour entonner l’Internationale.

Mais non, la perle espérée ne se trouvait pas dans ce tiroir-ci. Je la découvris bientôt dans un insignifiant casier, situé loin des yeux, en un creux pratiqué sur le côté le moins accessible du secrétaire. Une perle, dis-je ! Et quelle perle !

C’était une petite boite métallique. Une simple boite à thé comme les collectionnent stupidement, en haut des meubles de cuisine, la plupart des ménagères – et ma mère n’est pas la dernière. Mais cette boite, ici rangée, ne contenait ni thé ni vide d’air empoussiéré. Plutôt un joli papier plié en quatre et un mouchoir enveloppant quelque chose.

L’indiscrétion ne pouvait plus me faire honte. Les secrets, disent certains malpropres, ne sont faits que pour se dire à une personne à la fois. Je pense plus volontiers qu’un secret n’est valable que s’il est outrageusement violé.

Ainsi me voilà occupé à délivrer l’inconnu. Délicatement. Avec circonspection. Désormais dans la crainte – ou dans l’espoir ? – que quelque familier des lieux n’entre et me surprenne. Bref, tout était en place pour que le Graal en personne s’apprête à jaillir du linge habillement brodé. Et croyez-le ou non, il jaillit !

Devant mes yeux incrédules, le mouchoir délivra un biscuit gâté. Pensez-vous que, sain d’esprit, l’on puisse rester prostré devant un biscuit ? Evidemment non ! Mais, moi, je restais pourtant interdit. Car ce n’était pas n’importe quel biscuit. Ce biscuit là porte en lui une histoire extraordinaire. Une légende vivante dans la famille !

Mais le plus surprenant, c’est que cette histoire concerne l’autre partie de ma famille, la branche maternelle, et que jamais je ne me serais attendu à trouver ici ce fétiche, cet idole, cette pulvérulente relique. Point de doute donc : Solange avait dérobé le trésor pâtissier !

Tandis qu’une étrange ivresse s’emparait de mon être, mes lèvres ne cessaient de formuler des « non ! » et des « c’est pas possible ! ».

Discrètement, je descendis à la cave, la boite serré sur mon cœur. Une fois assis contre la chaudière, dans une pièce envahie, à vie certainement, de cette affreuse odeur canine, je bus entière une fillette de « je ne sais quoi mais du rouge » – probablement un jeune Chinon bien tannique – et me décidai à ouvrir le papier plié qui accompagnait le biscuit. C’était un texte de Solange, une sorte de poème contemporain, qui disait, énigmatique, ceci :

 

… Mon maquis

C’est le passé

C’est le futur

Mon maquis c’est

            Le temps totalitaire

 

Pourtant de ce temps

Dit-on (aux aubades) qu’avec lui tout s’en va ?

Dit-on (aux salons) que l’on passe plutôt que lui ne passe ?

Dit-on (aux calculettes) qu’il n’existe pas ; que l’espace et lui, c’est la même entité ?

 

Eh ! oh ! les cadets ! L’univers serait-elle née dans un bar ?

                                               Dans la parole triglycérique ?

                                               Dans l’haleine raisineuse d’une pente grappue ?

 

Sur les cendres de ces foutaises

            Venues de cervelles moisies

                                   Aux salves cathodiques

            Pauvres et habitées

                                   De bombes publicitaires

            Inaptes mêmes à charcutailles

J’affirme que le temps

Ce n’est rien d’autre que

            Ce qui ne change jamais

Du haut d’un homme :

            L’affiche et non son jaunissement

            La page et non son encornure

            Ton expression inaltérable et surtout pas tes rides

 

Mon maquis

C’est l’être lui-même

Un atelier de larges peintures

Toujours inachevées

Aux couleurs inconnues et molles et

            Dont chacune est une lettre

                        Un mot

                        Une phrase agressive pour le corps

            Dans la langue du temps totalitaire

 

Bien sûr le temps existe !

Il ne se discourt pas

            Sur une page

            Ou d’un chemin

Du haut d’un être humain

Mon maquis

C’est ce qui ne change jamais

Le temps totalitaire

 

Waouh ! Deux baffes astronomiques dans la même journée, cela fait beaucoup, non ? Je reposai sur mes genoux flageolants le joli papier beige. Un papier de qualité supérieure, mais – là je souris – largement jaunis et encorné. Au fond, devais-je m’étonner de cette trouvaille ? J’avais suffisamment fréquenté Solange pour m’attendre à tout de sa part. Ce qui relevait du prodige dans la découverte du biscuit, néanmoins, c’était le lien très inattendu qu’il tissait entre mes si différentes deux grand-mères. Et à cet instant précis, je ne pus que me replonger, mélancolique, dans l’histoire de l’improbable petit-beurre.

Jacqueline, ma seconde grand-mère, habitait à cette époque une belle bâtisse de bourg. On y trouvait deux cours, d’anciennes écuries transformées en atelier pour mon grand-père, et un fantastique jardin en talus venant buter contre la falaise d’un château. Bien sûr, creusée dans l’ancestral calcaire sableux, une vaste cave s’allongeait sous le jardin. Cette cave comprenait une invagination secrète – « le caveau » –, qui permit à Maurice de cacher des matières premières pendant la guerre de 39-45, et par troc de l’engorger par la suite de fûts de Vouvray millésimés 1921 et 1947 – précisions qu’aujourd’hui encore nous dégustons avec préciosité ces douces Rabelaiseries !

Au décès de mon grand-père, Jacqueline fit venir les étés son amie Thérèse (de Dunkerque), une autre veuve attristée avec qui elle partageait de nombreuses choses de bourgeoises esseulées.

Ce que je retiendrai surtout de Thérèse, c’est un extraordinaire pain perdu (au pain de mie frais s’il vous plait !) et un parler plus que désuet. La grande dame au coup de fourchette impressionnant n’hésitait pas à clouer le bec de mon gueulard de paternel, par des nuées de « saperlipopette ! » et des missiles de « hé ! ho ! doucement les basses ».

Parmi les choses de grand-mères qu’elles pratiquaient, il y avait, bien entendu, le sacro-saint thé de quatre heures. Et puisqu’un thé ne nourrit pas sa veuve, l’accompagnait toujours un petit paquet de biscuits au beurre qu’elles finissaient à chaque fois.

Mais voilà qu’un jour, les deux gourmandes convoitèrent chacune le dernier gâteau du paquet. Et elles le convoitèrent avec insistance ! Comment régler ce différent ? La courtoisie toute hypocrite de ces coutumières des bénitiers conchoïdaux ne suffit pas à leur affaire. Personne ne sut jamais précisément comment les hostilités commencèrent, toujours est-il que, aucune des deux ne cédant, le biscuit demeura dans sa boite, et les repas suivants furent d’une froideur cadavérique. Au point que, de nouveaux paquets défilèrent lors des quatre heures suivants, mais ce paquet-ci demeura dans le placard avec son relief.

Un soir que les vieilles partirent au lit, à peine réconciliées, ma grand-mère essuya un drôle de revers. Entre ses deux draps, toujours parfaitement repassés, reposait un invité de marque. Un invité qui lui démangeait les couennes, et surtout qui ne se trouvait pas à sa place habituelle. Vous m’avez compris, il s’agissait du biscuit.

Dès lors, ce qui n’était qu’une petite fâcherie devint affaire d’Etat. Car, revigorées par l’intérêt que nous accordâmes à l’histoire lorsqu’elles nous la contèrent, au cours d’un repas dominical, les veuves entamèrent une guerre sans merci.

C’est ainsi que, conscientes ou non de l’importance de l’oubli dans la compréhension d’un fait, mais assurées de savoir se faire discrètes pour mieux surprendre leur adversaire, le biscuit disparut soudain de la circulation. On déclama l’avoir égaré, on raconta que l’affaire était close, mais de délicieux regards obliques disaient autre chose.

Lorsque Thérèse quitta Jacqueline pour rejoindre ses septentrions – à elle plutôt affables – une subtile rigole siégeait sur ses lèvres. Cette banane disait secrètement : « Ma belle Jaqueline, tu n’es pas au bout de tes surprises. Je te donne deux jours pour me téléphoner quand tu vas découvrir le pot aux roses ». Mais son amie, peut-être par lassitude, semblait vraiment être passée à autre chose.

Dans le compartiment du train, Thérèse continuait probablement de sourire. Une fois chez elle, pas encore gagnée par la tristesse d’une saison sans revoir sa compagne, elle dut défaire ses valises en imaginant la tête de Jacqueline, lorsque celle-ci découvrirait l’insolite dans le beurrier, à l’endroit où l’on dépose normalement la pâte à tartiner du matin. Et ce songe lui fit peut-être même monter une boule dans la gorge. Ces petits déjeuners, assis sous les lilas de la cour intérieure, quelles merveilles ! Thérèse pouvait y repenser à chaque instant. Il suffisait de placer délicatement son nez sous les arums qu’elle avait emporté et de le promener au dessus comme les veuves se promenaient le long du parterre de la cour.

Alors, Thérèse déballa-t-elle le joli bouquet de fleurs, consciencieusement emballé par Jacqueline le matin même, s’apprêtant à plonger dedans son vieux tarin pour revivre ces souvenirs du voyage en Touraine ? Sans doute. Et par une extraordinaire – saperlipopette de saperlipopette ! – roula sur la moquette de l’appartement une vieille connaissance, un beau petit biscuit, qui maintenant mollissait.

Quid de la suite de cette incroyable bataille ? Il y eut, cela est avéré, d’autres voyages et d’autres cachettes. Le biscuit fatigué se réincarna en lavande, en objet d’art, en bourre-chausse, en ustensile de cuisine, en outil de jardin, etc.

Cependant, vers le début des années 90, le gâteau omniscient s’évanouit soudain dans la nature. Les vieilles s’accusèrent mutuellement de l’avoir mis aux ordures, chacune démentant formellement, et cet ultime affrontement fut à l’origine d’une grande fâcherie. Jaqueline et Thérèse ne se revirent jamais, et lorsque cette dernière décéda, quelques années plus tard, ma grand-mère ne se rendit pas aux obsèques, soi-disant pour cause de bronchite.

Vous comprenez ma surprise, maintenant, lorsque j’ai désenveloppé le mouchoir ! Il me parait invraisemblable que mon autre grand-mère ait pu voler ce précieux. Et pourtant, je ne l’ai que trop vu pour ne pas le reconnaître : c’est bel et bien lui, dans ce beau linge, indubitablement ! Quelle mouche a bien pu piquer Solange ? Si son acte n’avait été que panache, j’aurais pu comprendre, mais au vu des conséquences de cette disparition…

En relisant encore et encore le poème, je me pose deux questions. Quelle fut la dernière cachette du gâteau et quand, comment, et pourquoi Solange a-t-elle sévie ? Je ne peux prétendre répondre à la première question, et cela m’enrage.

Ce qui est évident, c’est que ma grand-mère vint clandestinement fouiner chez mon autre grand-mère – puisque jamais ces dernières années elles ne se sont invitées. Cette visite était-elle préméditée ? J’aimerais apprendre que oui, mais qui m’aiderait à l’affirmer ?

Ce qui est beaucoup moins évident, c’est de comprendre ce que Solange a vraiment volée. Ce biscuit devait avoir une signification particulière à ses yeux ; le lien intime entre le texte et le trésor ressemble fort à un message testamentaire. (Enfin, de ma place d’archéologue je voudrais bien que ce soit le cas !)

Solange pensait donc à rebours des chanteurs, des écrivains, des savants. Pour eux, le temps est une entité qui passe, ou à travers laquelle on passe, ou qui se confond avec l’espace. Pour toi, Mamie, à l’inverse le temps n’est visible que dans ce qui ne change jamais.

Pourquoi pas ? On reconnaît un lieu, une personne, une chose, à ce qui reste identique, pas à ce qui a changé. Lorsque tout change, il n’y a plus de temps, plus de repère. Ainsi ce biscuit pourrait être le représentant de ce temps incontrôlable. Ne serait-il pas un repère fixe dans une histoire que jalousait ma grand-mère ? Une bête histoire d’amitié telle que jamais elle n’a pu en connaître, et qui la fit rêver ? Les étiquettes sont tellement trompeuses…

Le biscuit aux senteurs de madeleine est un trésor, car il a capturé du temps enchanté, mais l’acte mystique (Le vol ?) a échoué, parce que Solange est morte quand même. Moralité, c’est toujours la mort qui gagne à la fin !

Voilà comment, un vieux biscuit en main je ressens à quel point aujourd’hui est un hier de demain. Et bien plus qu’un héritage, c’est une leçon de bonheur triste.

Mon maquis, c’est ce qui ne change jamais. Le temps totalitaire.

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