40 manifestants condamnés en Birmanie

01 Avril 2008 - Paris Match

Au moins 40 manifestants, dont sept moines bouddhistes, ont été condamnés secrètement en Birmanie à des peines de prison en liaison avec les défilés pacifiques d'il y a six mois contre la junte militaire, a indiqué aujourd’hui Amnesty International.
En septembre 2007, la Birmanie avait été le théâtre d'un mouvement de protestation populaire conduit par des religieux et qui avait été violemment réprimé par les forces de sécurité.
Des milliers de personnes avaient été arrêtées et 700 d'entre elles sont toujours incarcérées.
Parmi les détenus, au moins 40 ont été jugés à huis clos et condamnés à des peines de prison pour avoir «exercé pacifiquement leur droit à la liberté d'expression et au rassemblement», a déploré Amnesty.
«Trois personnes ont été condamnées simplement pour avoir donné de l'eau aux moines dans la rue», a précisé l'organisation, dont le siège est à Londres.
Amnesty International a demandé au Conseil de sécurité de l'Onu d'adopter une résolution reflétant l'inquiétude de la communauté internationale devant l'absence de progrès en Birmanie et le durcissement de la répression, confirmé par ces condamnations.
Outre les 700 manifestants emprisonnés, le régime détient 1 150 prisonniers politiques qui étaient déjà sous les verrous avant les manifestations de l'année dernière.


L'émissaire de l'Onu quitte le Myanmar les mains vides
Reuters 11 mars 2008
L'émissaire des Nations unies Ibrahim Gambari a quitté lundi le Myanmar après avoir rencontré à deux reprises Aung San Suu Kyi en trois jours, mais sans avoir réussi à convaincre la junte militaire au pouvoir d'intégrer la lauréate du prix Nobel de la Paix dans ses projets de réformes politiques.
 
Aucun détail n'a été divulgué par l'Onu sur le contenu de l'entretien de 50 minutes entre le diplomate nigérian et l'opposante birmane, qui a passé plus de douze des 18 dernières années en résidence surveillée. Sa dernière période de privation de liberté se prolonge depuis mai 2003. Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, a en revanche reconnu que la visite de Gambari n'avait pas répondu à ses attentes.
 
"Il y a eu quelques progrès, mais nous n'avons pas obtenu autant que nous le souhaitions", a-t-il déclaré à la presse, en marge d'une conférence sur l'Afrique et la lutte contre la pauvreté. Gambari, dont c'était la troisième visite depuis la répression du mouvement de contestation de septembre, s'est également entretenu avec le ministre de l'Information Kyaw Hsan, le plus haut responsable rencontré par le diplomate nigérian lors de sa visite de quatre jours.
 
LA JUNTE REFUSE DE FAIRE DES CONCESSIONS
 
Ce dernier lui a déclaré que la junte ne dérogerait pas à sa propre "feuille de route vers la démocratie" en dépit de la pression internationale qui s'est intensifiée après la violente répression des manifestations.
"Pour parler franchement, le chemin que nous avons pris est le plus juste et le plus adapté pour notre pays", a dit Kyaw Hsan à Gambari lors d'une entrevue retransmise sur la télévision d'Etat.
 
"Nous sommes fermement convaincus qu'il s'agit de la meilleure solution et que cela garantira une transition douce et pacifique vers la démocratie dans notre pays", a-t-il ajouté. Ses déclarations douchent les espoirs d'une intégration de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), la formation de Suu Kyi, dans les projets de réforme très controversés de la junte.
 
Peu après leur entrevue, Gambari a quitté Singapour achevant une visite de quatre jours dont le bilan n'est guère positif: les généraux ont clairement dit qu'ils n'accepteraient pas de nouvelle modification de la Constitution qu'ils ont élaborée, bien que les gouvernements occidentaux ne voient dans ce texte qu'un moyen pour la junte de maintenir son emprise sur le pouvoir.
 
La junte militaire a également refusé que l'Onu envoie des observateurs pour le référendum constitutionnel du mois de mai et les élections prévues en 2010, soulevant des inquiétudes sur la liberté et l'équité des deux scrutins. Les généraux birmans ont affirmé ne pas avoir besoin d'une expertise technique pour l'organisation des élections, expliquant avoir "suffisamment d'expérience".